Mérignac Soleil


L'enquête publique (3 mai au 5 juin 2023) est désormais close. L' avis transmis par l'ARPCM au commissaire enquêteur après consultation des adhérents et validation par le conseil d'administration est disponible ici. 



Pour mémoire:

Le dossier d’enquête (accessible ici dans son intégralité) était particulièrement volumineux puisqu’il comprend 70 pièces et totalise plus de 3000 pages ! Les documents de synthèse, censés présenter le projet de manière simplifiée, totalisaient eux-mêmes plusieurs centaines de pages.
Pour ajouter à la confusion découlant d’une telle masse d’informations, a été ouverte une nouvelle enquête publique (du 9 mai au 14 juin 2023) concernant la 11ème modification du Plan local d’urbanisme (PLU). Or cette enquête concerne elle aussi, entre autres, Mérignac Soleil, avec la création, dans la partie ouest du périmètre de l’opération d’aménagement, d’une nouvelle zone UPZ7-2 (par amputation de la zone UPZ7, appelée à devenir la zone UPZ7-1). Il faudra donc examiner un autre dossier d’enquête !

L’ampleur de l’opération d’aménagement
On peut continuer à s’interroger sur les objectifs de l’opération Mérignac Soleil, qui semblent démesurés au regard de la situation réelle de la ville de Mérignac. Les constructions d’immeubles se multiplient dans cette commune depuis plusieurs années et, même s’il existe une forte demande de logements dans l’agglomération bordelaise,  l’ajout de près de 3000 logements supplémentaires sur ce seul site peut poser question. De même, dans une zone comportant déjà une offre commerciale particulièrement forte, est-il raisonnable, dans le contexte actuel, de prévoir un presque doublement  des surfaces de commerces, bureaux et autres activités ? Le contexte économique et social, le changement des modes de consommation et les conséquences du dérèglement climatique n’incitent pas vraiment à une réponse positive.
Pour consulter  la note 4 (le dossier de présentation non technique) cliquer ici
 
Les incidences sur la circulation
Comme le note l’autorité environnementale, la carte d’évolution du trafic est à la fois contradictoire avec l’étude des déplacements et incomplète. Voir le dossier 70 ( page 82).
L’ ouverture de la ligne de tram vers l’aéroport et l’utilisation préconisée de moyens de transport alternatifs ne doivent pas masquer la réalité inévitable d’un accroissement du trafic automobile. En outre, les mesures envisagées en matière de stationnement semblent peu réalistes en ce qu’elles continuent à reposer essentiellement sur la mutualisation des places disponibles autour des différentes enseignes commerciales

La pollution atmosphérique
L’insuffisante prise en compte de l’enjeu de la qualité de l’air doit être à nouveau signalée. Voir le dossier 70 (page 83).
La réponse du maître d’ouvrage consiste notamment à dire que l’étude doit être actualisée parce qu’elle est « tributaire de la mise en service de l’extension de la ligne  A du tramway » ( dossier 70, page 93).

Les nuisances sonores
Là encore, l’évolution du trafic routier  est insuffisamment prise en compte et la réponse du maître d’ouvrage renvoie à des études complémentaires, alors qu’il est évident que les mêmes causes relevées en matière de pollution de l’air entraineront les mêmes effets négatifs en matière de nuisances sonores. La limitation de ces nuisances ne dépend pas seulement de la qualité de l’isolation des bâtiments mais aussi de leur implantation. A cet égard, les règles de recul depuis la voie publique ne sont pas assez strictes et les explications sur les avantages découlant de la création de pistes cyclables éloignant la circulation automobile ne sont pas convaincantes.
(dossier 70, pages 82-3 et 93-94 ).

L’insuffisance manifeste des espaces verts publics
La plantation annoncée de quelques milliers d’arbres dans le périmètre de Mérignac Soleil et le projet d’un îlot paysager de moins d’un hectare autour du groupe scolaire à construire ne suffisent pas à rassurer sur l’avenir des espaces verts publics dans le secteur.
La conséquence la plus directe sera l’inévitable accroissement de la fréquentation du Parc du Château, dont l’état d’entretien laisse déjà à désirer.

L’insuffisance des espaces en pleine terre dans la réglementation des sols
Les règles prévues en matière d’espaces en plein terre dans les règlements du PLU sont notoirement insuffisantes et la généralisation d’un coefficient de végétalisation de 5% ne suffit pas à compenser cette insuffisance. ( dossier 70, page 86).

L’épannelage et la hauteur des constructions
La nouvelle réglementation prévue à cet égard  dans le PLU constitue un progrès en ce qu’elle est beaucoup plus précise que le simple « principe d’épannelage » énoncé auparavant. Mais cette règle n’empêche pas forcément, dans les mêmes secteurs, des hauteurs difficilement compatibles avec la proximité d’une zone pavillonnaire. C’est précisément le cas pour la nouvelle zone UPXX qui jouxte au sud ouest notre zone pavillonnaire (le long de l’avenue Kennedy entre le carrefour de l’avenue entre de Matosinhos et la rue de Lartigue).
Dans cette zone, la règle générale édictée du côté de l’avenue Kennedy est fixée à 18 mètres avec un maximum de R+4 et peut même être augmentée de 3 mètres avec un maximum de R+5, ce qui est manifestement contraire aux engagements des autorités municipales. Dans le livre blanc initial de la concertation, en effet, cette règle était fixée à 15 mètres avec un maximum de R+3 et le maire de Mérignac a confirmé cette année encore qu’elle devait être respectée. Voir le dossier 62 (paragraphe 2.2.1).